Conseiller en gestion de patrimoine : comprendre le métier et bien choisir
Vue d'ensemble du métier de CGP : ce qu'il fait réellement, les statuts obligatoires, les modes de rémunération, l'indépendance et le moment opportun pour consulter.
Le terme « conseiller en gestion de patrimoine » ne correspond à aucun diplôme obligatoire ni à aucun titre protégé. Il recouvre des réalités très différentes : le salarié d’une banque de réseau, le gérant d’un cabinet indépendant de trois personnes et le commercial d’un promoteur immobilier peuvent tous s’en réclamer.
Ce qui est encadré, ce sont les activités : conseiller sur des placements financiers, distribuer de l’assurance-vie ou intermédier un crédit supposent chacune une immatriculation distincte. C’est par là qu’il faut commencer.
Cette page donne la vue d’ensemble. Chaque section renvoie vers un guide détaillé.
Ce que fait réellement un CGP
Le cœur du métier n’est pas la vente de produits, c’est le bilan patrimonial : un état des lieux de vos actifs, vos dettes, vos revenus, votre fiscalité et vos objectifs, qui sert de base à toute recommandation.
Un accompagnement sérieux suit toujours cet ordre : bilan d’abord, préconisations ensuite, produits en dernier. Quand l’ordre est inversé (un produit proposé au premier rendez-vous), il ne s’agit pas de conseil mais de distribution.
Selon les cabinets, la mission peut couvrir le seul volet financier ou s’étendre au juridique, au fiscal, à l’immobilier et à la transmission. Le périmètre exact doit figurer dans la lettre de mission.
→ Que contient un bilan patrimonial
Les statuts et agréments à vérifier
C’est le contrôle éliminatoire, et il est gratuit. Tout professionnel qui conseille sur des placements ou distribue de l’assurance-vie doit figurer au registre de l’ORIAS.
Les statuts principaux :
| Statut | Activité couverte |
|---|---|
| CIF | Conseil en investissements financiers |
| COA | Courtage en assurance (dont assurance-vie) |
| IOBSP | Intermédiation en opérations de banque et services de paiement |
| Carte T | Transactions sur immeubles et fonds de commerce |
Un CGP généraliste cumule souvent CIF, COA et IOBSP. L’absence d’immatriculation, ou une immatriculation expirée, interdit l’exercice : aucune explication ne justifie cette situation.
→ Statuts et agréments d’un CGP (CIF, ORIAS, carte T)
Comment il est rémunéré
C’est la question la plus utile du processus, et celle qu’on ose le moins poser. Elle détermine les conflits d’intérêts auxquels vous serez exposé.
Trois modèles coexistent : les honoraires (montant explicite, au forfait ou au temps passé), les commissions (rémunération prélevée sur les produits, invisible pour le client) et les formules mixtes.
Aucun n’est disqualifiant en soi. Ce qui compte : que le professionnel réponde clairement, par écrit, sans détour. La réglementation l’y oblige.
→ Honoraires d’un conseiller en gestion de patrimoine
Indépendant, ou adossé à un réseau
« Indépendant » est un mot largement employé et rarement défini. Au sens réglementaire strict (MIF II), un conseiller indépendant ne peut percevoir aucune rétrocession de commissions : peu de cabinets français relèvent de cette catégorie.
Dans l’usage courant, « indépendant » désigne simplement un cabinet qui n’appartient pas à un groupe bancaire. Les deux modèles sont légitimes, mais ils n’offrent ni la même gamme, ni la même tarification, ni la même disponibilité.
→ CGP indépendant ou banque : quelles différences
Les critères de sélection concrets
Au-delà des statuts et de la rémunération, cinq contrôles éliminent la majorité des situations problématiques : vérification ORIAS, rémunération précisée par écrit, lettre de mission signée avant toute proposition, nombre de fournisseurs référencés, et qualité du questionnement lors du premier rendez-vous.
Un bon signe au premier entretien : le professionnel passe l’essentiel du temps à vous poser des questions plutôt qu’à présenter des solutions.
→ Comment choisir son conseiller en gestion de patrimoine
Quand consulter, et à partir de quel patrimoine
Aucun seuil réglementaire n’existe. Dans les faits, beaucoup de cabinets orientent leur offre vers des patrimoines financiers à partir de 100 000 à 200 000 euros, parce que leur modèle repose sur les encours. Un cabinet rémunéré en honoraires peut toutefois réaliser une mission ponctuelle utile pour un patrimoine plus modeste.
Ce sont souvent les événements de vie qui déclenchent le besoin : cession d’entreprise, héritage, divorce, expatriation, approche de la retraite.
→ Quand faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine
Conseil, mandat de gestion, gestion pilotée
Confier ses avoirs ne signifie pas la même chose selon le cadre choisi. Le conseil libre laisse la décision finale au client. Le mandat de gestion délègue les arbitrages au professionnel. La gestion pilotée applique une allocation standardisée selon un profil de risque, sans personnalisation réelle.
Les frais, le niveau de personnalisation et les recours diffèrent nettement d’une formule à l’autre.
→ Mandat de gestion ou conseil libre : que déléguer → Gestion pilotée ou gestion sous mandat : les différences
Au-delà du CGP : le family office
À partir de plusieurs millions d’euros d’actifs, certaines familles passent à une structure dédiée qui coordonne l’ensemble des intervenants (avocats, notaires, gérants, experts-comptables). Le modèle économique et le niveau de service n’ont plus grand-chose à voir avec ceux d’un cabinet de CGP.
→ Le family office : pour qui, pour quoi
Changer de conseiller
Un accompagnement n’est pas un engagement à vie. Le transfert des contrats, la récupération des documents, les délais et les frais éventuels obéissent à des règles précises, et la lettre de mission prévoit normalement ses conditions de fin.
→ Changer de conseiller en gestion de patrimoine
En résumé
Vérifiez l’ORIAS, faites préciser la rémunération par écrit, exigez une lettre de mission avant toute proposition de produit, et jugez le premier rendez-vous à la qualité des questions posées. Ces contrôles ne coûtent rien et éliminent l’essentiel du risque.
Ce contenu est fourni à titre documentaire. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Vérifiez toujours l’immatriculation de votre interlocuteur sur orias.fr.
Besoin d’être mis en relation ?
Décrivez votre situation, nous vous orientons vers un professionnel de votre secteur.
Gratuit et sans engagement · Réponse sous 24 h ouvrées
Les guides de ce dossier
Comment choisir son conseiller en gestion de patrimoine
Les critères concrets pour sélectionner un CGP : vérification ORIAS, mode de rémunération, lettre de mission, indépendance réelle et signaux d'alerte.
Honoraires d'un conseiller en gestion de patrimoine
Honoraires, commissions, rétrocessions : comment un CGP est rémunéré, les ordres de grandeur du marché et la méthode pour reconstituer ce que vous payez en euros.
Statuts et agréments d'un CGP (CIF, ORIAS, carte T)
CIF, COA, IOBSP, MIA, carte T : ce que chaque statut autorise réellement, comment vérifier une immatriculation en une minute et ce qu'un agrément ne garantit pas.
CGP indépendant ou banque : quelles différences
Gamme de produits, périmètre du conseil, frais, stabilité de la relation, conflits d'intérêts : ce qui sépare réellement un CGP libéral d'une banque de réseau.
Quand faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine
Seuil de patrimoine, événements de vie, situations professionnelles : les moments où l'accompagnement d'un CGP apporte une valeur réelle, et ceux où il est superflu.
Que contient un bilan patrimonial
Les étapes d'un bilan patrimonial : recueil des actifs et des passifs, analyse fiscale, objectifs, documents à préparer, restitution écrite et durée de la mission.
Mandat de gestion ou conseil libre : que déléguer
Différence juridique entre le mandat de gestion et le conseil libre : qui décide, quels frais, quel formalisme, quels recours en cas de désaccord et pour quel profil.
Gestion pilotée ou gestion sous mandat : les différences
Gestion pilotée et gestion sous mandat comparées : cadre juridique, frais réels, personnalisation vérifiable, seuils d'accès, transparence et recours possibles.
Le family office : pour qui, pour quoi
Family office monofamilial ou multifamilial : rôle de coordination, seuils d'accès réels, modèles de rémunération, vérifications à mener et différences avec un CGP.
Changer de conseiller en gestion de patrimoine
Mettre fin à une lettre de mission, transférer assurance-vie, PEA et PER, récupérer ses documents, éviter les erreurs coûteuses et saisir le médiateur en cas de litige.
→ Trouver un conseiller en gestion de patrimoine près de chez vous